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ICTYOS CUIR MARIN DE FRANCE, TANNERIE « NOUVELLE GENERATION »

ARTICLE DU CNC | TALENTS

Crédits : CNC-P&M

La jeune start up lyonnaise Cuir Marin de France met sur le marché les peaux de poisson de sa marque Ictyos («mer» en grec). Elle est la première tannerie à être soutenue par Au-Delà du Cuir (ADC), le dispositif d’aide au développement d’entreprises de la filière française du cuir.

UN TRIO D’ENTREPRENEURS MOTIVÉS

Gauthier Lefébure et Benjamin Malatrait se sont rencontrés à l’Escom (Ecole Supérieure de Chimie Organique et Minérale). Le premier débute dans les plastiques et les adhésifs tandis que le second s’exerce comme consultant en financement et stratégie de projets innovants. « On n’avait pas envie d’être des ingénieurs face à un ordinateur !, soulignent-ils d’une seule voix. On a commencé à réfléchir ensemble autour de la revalorisation d’une ressource existante ». La récupération de peaux de poissons - provenant de l’agro-alimentaire, de restaurateurs, de sushi bars et de pisciculture - s’est vite imposée. « Les déchets de poissons ne sont réutilisés qu’à 20-30% pour nourrir les animaux ou générer de l’énergie, via la méthanisation, précise Gauthier. Nous avons réalisé nos premiers tests dans un garage… ». A l’arrivée d’Emmanuel Fourault, ingénieur d’affaires, le trio peaufine son projet de création d’entreprise et définit les axes stratégiques de la future tannerie. « Quand on a commencé, on ne connaissait rien au cuir, poursuit Emmanuel. On s’est tournés vers CTC à Lyon, qui a été un maillon décisif. On a suivi une formation généraliste de deux jours puis six mois pour le développement industriel du projet ». Le succès d’un financement participatif (100 000€ en trente jours) a fini de convaincre les trois associés de franchir le pas.

PEAUX DE POISSONS ET CHIMIE VERTE

 

Implantée à la périphérie lyonnaise, la nouvelle tannerie a reconditionné d’anciennes machines (écharneuse, foulons, palisson pour assouplir la peau, presse rotative servant aux finitions…). « La peau de poisson est un produit homogène, durable, souligne Benjamin. On a donné le nom de SQUAMA® (« écaille » en grec) aux peaux de poissons que nous récupérons et transformons ». Ictyos Cuir Marin de France fait ses débuts en tannant saumon, carpe et esturgeon, « des peaux méconnues, très singulières visuellement ». Selon « le tanneur » Gauthier, « la transformation est assez similaire à celle de la peau de mouton mais il faut faire preuve de délicatesse comme pour le lézard ». S’il est fin, le cuir de poisson n’en est pas moins solide. « A épaisseur égale, la résistance est la même que celle du croco, poursuit Gauthier. La résistance mécanique s’explique par des fibres de collagène entremêlées. Celles du croco, au contraire, sont parallèles ».

 

PERSPECTIVES D’AVENIR

L’innovation est au cœur de la jeune entreprise artisanale et éco-responsable, dont la moyenne d’âge est de 24 ans. « Nous avons identifié deux catégories de clients, le luxe et les jeunes artisans maroquiniers, précise Emmanuel, en charge de la prospection, des salons, de la relation client. Les jeunes entreprises sont très sensibles à notre engagement éthique. L’horlogerie est un segment très pertinent. Son cahier des charges est drastique. Si on séduit les marques, on pourra démocratiser notre savoir-faire. Notre produit SQUAMA® a l’aspect de l’exotique à un prix plus abordable ». A peine lancé, Ictyos Cuir Marin de France affiche ses objectifs : produire entre 1000 et 2000 peaux de saumon par semaine (ou l’équivalent dans d’autres peaux) et transformer une nouvelle espèce chaque année. La petite équipe mène aussi des recherches pour diversifier l’esthétique du tannage végétal et teindre, par exemple, sans colorant.